25.09.2014

Les objets connectés : la prochaine révolution dans le big data

Nous disposerons en 2020 de plus de 50 milliards d’objets connectés.
Malgré des applications très larges, les entreprises doivent tirer parti des données collectées pour créer de nouveaux services si elles veulent rester compétitive

La révolution dans le big data à travers la domotique, ou maison connectée dans le vocabulaire actuel, était réservée aux technophiles pointus. Ces technos sont maintenant accessibles à tous, grâce aux objets connectés qui investissent notre quotidien. Vue comme la première révolution technologique du 21e siècle, l’Internet des objets correspond à l’interconnexion des objets entre eux et leur utilisateur grâce aux technologies mobiles qui permettent leur contrôle à distance. Plus besoin d’être un geek pour contrôler des objets à distance via des moyens compliqués, tout le monde peut le faire grâce à son smartphone à l’interface très normée.

La valorisation du Big Data des objets connectés

La quantité de données produites par les êtres humains double tous les 2 ans, la révolution dans le big data est forte, cette quantité sera multipliée par 10 entre 2013 et 2020 selon l’International Data Corporation (IDC). Mais la révolution de l’Internet des objets ne réside pas dans la quantité de données produites mais plutôt dans la capacité pour les entreprises à les exploiter.
Des données collectées sont inexploitables si elles sont collectées sans but précis, sans question à laquelle elles doivent répondre. Les objets connectés répondent à ce problème en dédiant les capteurs, leur intégration et le logiciel d’analyse à un seul but : celui de mesurer le poids pour la balance connectée de Withings ou celui de mesure la performance sportive pour la raquette connectée de Babolat. A chaque objet connecté est assigné une ou plusieurs fonctions bien précises ce qui permet aux entreprises de créer des services à partir de ces données. En 2013, seules 22% des données produites sont exploitables par les entreprises.

Créer de nouveaux services à partir de la donnée collectée

L’enjeu pour les entreprises qui souhaitent proposer de nouveaux services à partir de la donnée collectée est double : la valorisation des données et l’anticipation des pratiques.

• Valoriser les données issues des capteurs: la capacité des fabricants d’objets connectés à offrir un véritable service à partir de la donnée et non à la restituer de manière brute fera la différence entre les propositions de valeur des fabricants. Ainsi Netatmo, la station météo connectée, n’affiche pas seulement la température et l’humidité, mais envoie aussi des notifications pour les pics et les variations (concentration de CO2, températures extrêmes…) et propose des solutions pour améliorer son quotidien. Voici deux aspects d’un nouveau service de “coaching” possible grâce à la collection de données.

• Anticiper les pratiques des utilisateurs : les objets connectés rendent la maison « intelligente »: elle peut capitaliser sur les événements passés pour réagir au présent. Après une semaine d’utilisation et d’apprentissage (machine learning), le thermostat Nest est capable de régler automatiquement la température de manière optimale. Pour cela, les fabricants d’objets connectés doivent anticiper l’utilisation de leurs produits, sur le court terme comme sur le moyen terme, en prenant en compte le changement de comportement qui résultera de l’utilisation de l’objet connecté.

La donnée collectée via ses objets est donc au centre de la valeur que l’entreprise peut souhaiter retourner à ses utilisateurs ou à ses clients.

Révolution dans le big data, les initiatives françaises sont prometteuses

De nombreuse start-up américaines s’imposent bien sur dans leur domaine (Fitbit, Jawbone, Amazon Dash, SmartThings…) mais la France n’est pas en reste avec une politique énergique pour la croissance du secteur des objets connectés et des start-up très compétitives comme Withings, Netatmo ou encore Kolibree.

Selon une étude de Toucan Toco reprenant les initiatives françaises les plus prometteuses et les stratégies de grandes entreprises les plus performantes, les objets connectés des secteurs de la santé, du sport et de la sécurité séduisent le plus les Français. Ils sont cependant 49% à trouver les objets connectés trop chers et sont difficilement convaincus de leur ROI par rapport à leurs équivalents offline. La révolution dans le big data n’est donc qu’à ses débuts.

Pour sortir du gadget éphémère portant un message de marque innovante, les acteurs traditionnels de l’industrie française auront eux le devoir de repenser leur offre pour intégrer un métier de fabricant de logiciel à leur activité habituelle.
BVA & Syntec Numérique. (2014) « Les Français et les objets connectés »