19.03.2018

7 conseils pour trouver un stage épanouissant

Lorsque j’étais encore étudiant, j’ai signé un stage incroyable, bien payé et dans le centre de Londres. J’allais être chef de projet web dans une startup. J’étais fier. J’avais tout donné pour l’avoir. Je n’avais pas été bon en entretien et j’avais harcelé mon futur boss pendant quelques semaines avant d’être pris. C’était une victoire pour moi.

Cependant quelques jours après que je sois arrivé, j’ai réalisé que la boite arnaquait massivement des gens sur internet. J’en suis parti immédiatement pour revenir en France sans stage, sans argent et désillusionné.

 

Rétrospectivement j’aurais pu m’en douter ou au moins le découvrir en entretien. J’étais tellement focalisé sur l’obtention du stage que je n’ai pas challengé mon interlocuteur.

 

Ce qui m’amène sur un premier conseil rapide. Quand vous ne comprenez pas, dites-le jusqu’à ce que vous compreniez. Mon interlocuteur n’était pas précis sur l’activité de l’entreprise, par peur d’avoir l’air bête j’ai fait semblant de comprendre.

 

C’est ce que l’on fait tous à un moment sur un sujet pendant un entretien. Malheureusement c’est le meilleur moyen de tomber dans des stages qui ne répondent pas à vos attentes.

 

Aujourd’hui je me retrouve de l’autre côté de la barrière. J’ai fait passer plus d’une centaine d’entretiens ces dernières années et j’ai pensé partager ce mélange d’expériences entre mes erreurs et celles que je vois chez les candidats.

 

 

 

1.  Trouver un stage: la qualité vaut mieux que la quantité

 

Peut-être que le copier-coller a marché toute votre vie. Là vous vous dites que cela va encore passer ? Aucune chance.

 

Je comprends que certains candidats utilisent ces méthodes parce que peu de départements RH répondent aux milliers de CV reçus chaque jour. Cependant si vous voulez avoir une chance un jour de trouver un bon stage, personnalisez vos emails, votre CV et vos lettres de motivation.

 

Par personnaliser je ne dis pas juste de mettre le nom de l’entreprise, mais d’écrire les raisons qui vous poussent à venir travailler dans l’entreprise. Même si ce ne sont que quelques lignes, faites-le intelligemment. Réfléchissez à ce qui vous a donné envie de postuler et dites-les.

 

2. Le recrutement c’est comme la drague

 

 

Avez-vous déjà essayé de draguer en énumérant la liste de vos qualités ? Ce serait étrange non ? Au lieu de cela vous faites comprendre à l’autre que vous être drôle ou attentionné par vos actions. Faites pareil en entretien.

 

De nombreux candidats font encore apparaître leurs qualités sur leur CV. Laissez tomber. Enumérer des qualités c’est vague et ca ne sert à rien. Si vous êtes organisé parlez moi d’une expérience où vous l’avez été.

 

Par exemple imaginons que vous ayez été président d’une association étudiante. Dites-moi que pour gérer vos équipes vous avez travaillé en méthodes agiles. Que votre To do list est sur Trello et que vous mettez vos rappels automatiques sur votre agenda pour ne jamais rien oublier.

 

Soyez rassuré, le recruteur est suffisamment intelligent pour extrapoler et se dire que vous êtes organisé.

 

 

3. L’entretien n’est pas un examen

 

 

La chose la plus importante que vous devez garder en tête : l’entretien c’est un échange. Vous devez exiger autant de ton interlocuteur que lui exige de toi.

 

En tant qu’étudiants vous êtes habitués aux examens unilatéraux. Le professeur vous teste et vous note. Il ne vous doit rien en retour. C’est pour cela qu’un entretien pour un stage est un exercice difficile.

 

L’entretien c’est un échange, ce n’est pas un examen. Vous devez être aussi exigeant envers votre interlocuteur qui l’est envers vous. Il doit vendre l’entreprise et le stage pour vous convaincre. Il doit vous prouver que vous allez apprendre, être encadré et formé.

 

Cet entretien est un échange, car vous apportez une valeur marchande. Vous allez produire pour une entreprise. Ce que l’entreprise vous doit en retour c’est une formation. De ce que j’entends aujourd’hui, certaines entreprises ont oublié leurs devoirs.

4. Des bonnes questions pour un bon stage

 

Que ce soit par timidité, désintérêt ou peur d’être jugé les candidats posent peu de questions. On est tous morts de faim quand on est stagiaire et on a tendance à foncer tête baissée à la première réponse positive venue. Même en tant que recruteur je suis souvent frustré lorsque je sors d’un rendez-vous avec un candidat qui ne m’a posé aucune question.

 

C’est pourtant clé pour vous. Vous pensez que 6 mois ce n’est pas grand-chose ? Attendez de vous ennuyer des semaines entières. Posez vos questions pendant l’entretien et si vous en avez l’occasion faites-le rapidement. Tournez l’entretien en votre faveur et challengez votre interlocuteur.

 

Posez des questions de ce type :

 

  • Quelles sont les promesses du stage ?
  • Qu’est-ce que je vais apprendre ?
  • Avez-vous un onboarding de prévu, de la documentation prête ?
  • Combien de stagiaire sont présents dans la structure ?
  • Combien de stagiaires est-ce que mon tuteur a déjà eu, puis-je avoir le contact d’un ancien stagiaire pour prendre un retour ?
  • Posez des questions sur la boite, quelles sont les ambitions, la logique derrière les décisions stratégiques ?

 

Le content marketing, par exemple, ne veut rien dire en termes opérationnels. Vous pourriez être amené à piloter des freelances, écrire du contenu vous-même ou créer une stratégie de contenus from scratch. Demandez des précisions et des exemples pour chacune des missions proposées.

 

Si votre interlocuteur ne peut pas vous répondre sur ce que vous ferez précisément, c’est un aveu de faiblesse.

 

5. Soyez précis, ayez des anecdotes

 

De manière générale quand vous présentez une expérience, privilégiez l’anecdotique à l’exhaustif. Focalisez-vous sur une ou deux missions que vous décrivez précisément en fonction de votre interlocuteur et du poste auquel vous postulez

 

Ce qui est important c’est de parler de ce que vous savez faire.

 

La majorité des candidats ont le même modèle de présentation linéaire et chronologique. J’ai eu mon bac, j’ai fait des études supérieures, j’ai eu telle expérience dans telle boîte et j’ai fait du cheval et du ski.

 

Cependant, si le recruteur a bien fait son travail, il a au moins lu votre CV 5 secondes avant que vous arriviez. D’ailleurs ce que vous venez de raconter c’est la raison pour laquelle vous êtes dans la salle. L’entretien c’est fait pour aller plus loin.

 

Lorsqu’un recruteur vous demande de vous présenter, allez directement vers les expériences qui ont le plus de rapport avec le stage. Expliquez pourquoi l’offre vous a plu et posez une question directement liée aux pratiques de l’entreprise. Voilà, vous venez de commencer à créer un échange.

 

J’ai l’impression que les candidats ont souvent peur d’ennuyer les recruteurs ou de paraitre présomptueux en parlant de leurs expériences de manière précise. Je vous rassure. Si le recruteur est ennuyé c’est qu’il est juste mauvais. Si le recruteur est mauvais, cela veut dire que tous ceux qu’il a recrutés sont mauvais. C’est déjà une bonne information.

 

 

6. Vous avez toujours quelque chose d’unique à raconter

 

Je ne saurais que trop conseiller aux étudiants de lancer un blog, d’écrire sur Medium, d’apprendre à coder sur free code camp, de faire des projets pour la crème de la crème ou Malt, d’apprendre à faire du montage vidéo … Vous avez du temps pour explorer plein de domaines et aujourd’hui vous avez des cours et des tutos sur pratiquement tous les sujets.

 

Cela étant dit, nous avons tous des passions différentes dans la vie. Elles ne sont pas toutes aussi pratiques que de savoir coder. Cependant, je milite auprès des candidats, car je suis certain que nous avons tous des choses à mettre en valeur. Ce n’est pas utopiste ou fleur bleue, c’est vrai.

 

Faites-vous confiance. Je n’avais tellement rien à raconter lors de mon premier stage que j’ai mis en avant les livres que je lisais sur les startups et la productivité.

 

Au final une dizaine de startups ont accepté de me voir et plusieurs m’ont donné des réponses positives sur le champs. Si j’ai réussi à avoir cela avec une liste de lecture, je pense que vous pouvez réussir à le faire avec des arguments beaucoup plus forts que les miens.

 

 

7. Pourquoi êtes-vous là ?

 

 

Savez-vous pourquoi vous êtes à cet entretien ?

 

C’est le jour et la nuit entre les candidats qui savent dans quoi ils mettent les pieds. Ils sont préparés, ils ont lu le blog de l’entreprise, et ont regardé qui sont les fondateurs et ils ont une idée des dernières nouvelles de l’entreprise.

 

Ces candidats ont aussi appelé des amis pour savoir ce que veut dire le poste, ce à quoi il faut s’attendre, ce qu’il faut éviter. Ils sont super motivés, leurs questions sont pointues et c’est un réel échange qui a lieu. Le bonheur.

 

Ces candidats ne sont pas légion. Ce qui les distingue, c’est qu’ils se sont vraiment documentés sur les différents métiers qui existent. Ils sont abonnés à des newsletters sur le sujet. Ils parlent à des anciens alumnis de leurs écoles. C’est impressionnant à voir.

 

Je suis contre le fait de tester des stages pour voir si l’on aime ou non. Au lieu de valider tout ce que l’on n’aime pas faire, je propose une autre stratégie. Tester ce qui a le plus de chance de nous plaire. Pourquoi tester une startup si votre rêve c’est d’aller travailler dans un grand groupe ?

 

Je conclurais avec une vision très personnelle. Construisez vos connaissances, pas votre CV. Faire des photocopies chez une marque prestigieuse cela ne vaudra jamais une vraie expérience. Cela vous desservira plus tard et vous vous serez éloigné de ce que vous souhaitez réellement faire. Grand groupe, agence, consultant ou startup, la règle est la même. Il faut aimer ce que l’on fait pour réussir.

 

 

Kevin Duchier,

 

Responsable communication @ Toucan Toco

 

 

Originellement publié sur les échos start&co

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